ASSOCIATION DES CONSEILLERS PÉDAGOGIQUES EN EPS DES BOUCHES DU RHÔNE

Marseille, le 16 novembre 2011
L’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale
à mesdames et messieurs les directeurs d’école
S/c de mesdames et messieurs les inspecteurs de l’Éducation nationale chargés de circonscription
Objet :

Circulaire départementale relative à l’enseignement de la natation à l’école

 

Documents sur le site académique

 

Références :
Circulaire MEN - DGESCO n° 2011-090 du 7 juillet 2011 « Natation. Enseignement dans les premier et second degrés »
Plan d’action départemental EPS 2008-2011
Dispositions départementales relatives à la natation et aux intervenants bénévoles du 17 juin 2005
Dispositions départementales du 28 Mars 2011 relatives aux sentiers sous-marins et à la plongée


En complément des directives nationales de la circulaire du 7 juillet 2011 et selon les propositions de la Commission Départementale EPS, la présente circulaire vise à apporter quelques précisions qui contribueront à la qualité de l’enseignement dispensé.

Apprendre à nager à tous les élèves est une priorité nationale, inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences. Il s’agit de répondre aux enjeux fondamentaux de l’éducation à la sécurité et à la santé mais aussi de favoriser l’accès aux diverses pratiques sociales, sportives et de loisirs, dont les activités nautiques, particulièrement développées dans notre département côtier.

I/ DIRECTIVES GÉNÉRALES POUR L’ORGANISATION DE L’APPRENTISSAGE DE LA NATATION

A. PROGRAMMATION DES MODULES D’APPRENTISSAGE NATATION

  1. Apprendre à nager commence à l’école primaire et, lorsque c’est possible, dès la grande section de l’école maternelle. Le moment privilégié de cet apprentissage est le cycle 2, prioritairement le CP et le CE1.
  2. L’enseignement de la natation est assuré sous la responsabilité de l’enseignant de la classe. Il s’appuie pour cela sur un projet pédagogique établi à l’échelle de l’école, de la circonscription, de la piscine, de la commune ou de la communauté de communes. Le partage du projet pédagogique est la condition d’une collaboration réussie entre tous les intervenants.
  3. L’acquisition du savoir-nager s’évalue à travers la réussite à trois tests correspondant à trois paliers d’apprentissage (voir point 2).
  4. Pour permettre aux élèves d’atteindre les 2 premiers paliers du savoir nager, il y a lieu de prévoir une trentaine de séances réparties en deux ou trois modules d’apprentissage.
  5. Pour conforter les acquisitions et viser le troisième palier du savoir nager il conviendra d’ajouter un module d’apprentissage supplémentaire d’une dizaine de séances au cycle 3.
  6. Dans le cadre d’un module d’apprentissage, une séance hebdomadaire est un seuil au-dessous duquel on ne peut descendre. Des programmations plus resserrées (2 à 4 séances par semaine) peuvent répondre efficacement à des contraintes particulières, notamment pour les actions de soutien et de mise à niveau.

B. CONDITIONS MATÉRIELLES FAVORABLES À L’APPRENTISSAGE

  1. Chaque séance doit correspondre à une durée optimale de 30 à 40 minutes de pratique effective dans l’eau.
  2. Le confort thermique nécessaire à l’apprentissage de jeunes enfants suppose une température de l’eau de 27° (ou 24° pour les bassins extérieurs) et une température de l’air de 24 à 27°C.
  3. Pour la sécurité comme pour l’apprentissage, Il est nécessaire d’aménager les bassins en zones de travail pour des groupes définis et d’utiliser un matériel pédagogique adapté, matérialisant des parcours aquatiques et permettant la reprise d’appuis, en particulier dans les piscines n’ayant pas de petit bain.
  4. Sauf dans le cas de bassins et vestiaires distincts dans le même stade nautique, il conviendra de ne pas mélanger des classes du primaire avec tout autre public.
  5. L’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 4 m2 de plan d’eau par élève présent dans l’eau. Ainsi pour une piscine de 25m sur 10m (type Tournesol), il ne peut y avoir plus de 62 élèves dans l’eau.

C. SURVEILLANCE DES SÉANCES DE NATATION

  1. La surveillance est obligatoire pendant toute la durée de la présence des classes dans le bassin et sur les plages, telle que définie par le plan d’organisation de la surveillance et des secours (POSS). Elle est assurée par un personnel titulaire d’un des diplômes conférant le titre de maître nageur sauveteur. Les surveillants de bassin sont exclusivement affectés à la surveillance et à la sécurité des activités. Ils ne peuvent donc pas remplir simultanément une mission d’enseignement. Aucun élève ne doit accéder aux bassins ou aux plages en leur absence.
  2. La sécurité active est permanente. Les enseignants veilleront à mettre en place des procédures de travail propres à limiter les risques et à en faire prendre conscience aux élèves, notamment à travers :
    • les modalités de travail, associant le plus souvent deux élèves afin que chacun porte attention à son partenaire ;
    • le balisage des espaces de travail de chaque groupe ;
    • les entrées et les sorties ordonnées du bassin ;
    • le déplacement sur les plages et dans les espaces de circulation.
  3. De plus, le comptage régulier des élèves ainsi que les signes éventuels de fatigue feront l’objet d’une attention toute particulière de la part de l’enseignant responsable du groupe.

 

II / LES TROIS PALIERS DU SAVOIR NAGER

A. PREMIER PALIER DU SAVOIR-NAGER À ÉVALUER EN FIN DE CYCLE 2

L’acquisition de ce premier palier correspond à la réussite à un test effectué en deux parties séparées par un temps de récupération :

  1. se déplacer sur 15 mètres sans aide à la flottaison et sans reprise d’appuis.
  2. effectuer un enchaînement d’actions sans reprise d’appuis, en moyenne profondeur, amenant l’élève à :
    • sauter dans l’eau et revenir à la surface
    • passer sous une ligne d’eau sans la toucher
    • se laisser flotter en étoile 3 secondes (position ventrale ou dorsale)
    • revenir au bord.

B. DEUXIÈME PALIER DU SAVOIR-NAGER À ÉVALUER EN FIN DE CYCLE 3

L’acquisition de ce deuxième palier correspond à la réussite à un test effectué en deux parties séparées par un temps de récupération :

  1. se déplacer sur 30 mètres sans aide à la flottaison et sans reprise d’appuis. Soit, à partir du bord (sans saut) se déplacer sur 25 mètres, effectuer un virage, une coulée et une reprise de nage pour gagner le bord ;
  2. effectuer un enchaînement d’actions sans reprise d’appuis, en grande profondeur, amenant l’élève à :
    • plonger ou sauter dans l’eau et revenir à la surface,
    • s’immerger pour passer dans un cerceau dont la partie supérieure est immergée à 80 cm et revenir à la surface,
    • réaliser un « sur-place » de 6 secondes, en position verticale,
    • revenir au bord.

C. TROISIÈME PALIER DU SAVOIR-NAGER À ÉVALUER DÈS LA 6ÈME AU PLUS TARD EN FIN DE 3ÈME

  1. L’acquisition de ce troisième palier correspond à la réussite d’un parcours de capacités, composé de 5 tâches à réaliser en continuité, sans reprise d’appuis au bord du bassin :
    • sauter en grande profondeur
    • revenir à la surface et s’immerger pour passer sous un obstacle flottant
    • nager 20 mètres : 10 mètres sur le ventre et 10 mètres sur le dos
    • réaliser un sur-place de 10 secondes
    • s’immerger à nouveau pour passer sous un obstacle flottant.
  2. Il correspond au premier degré du savoir nager des programmes EPS du collège, qui atteste de la compétence à nager en sécurité, dans un établissement de bains ou un espace surveillé (piscine, parc aquatique, plan d’eau calme à pente douce).
  3. Si les conditions locales le permettent, ce palier peut-être visé pour la fin du cycle 3 de l’école primaire.
  4. À ce palier, sont à vérifier des connaissances et attitudes essentielles, acquises progressivement dès l’école primaire :
    • connaître les règles d’hygiène corporelle
    • connaître les contre-indications
    • prendre connaissance du règlement intérieur de l’installation nautique
    • connaître et respecter le rôle des adultes encadrant.

D. FICHES RÉCAPITULATIVES PAR CLASSE ET LIVRET INDIVIDUEL

  1. En annexe, des fiches sont jointes pour permettre de faire le récapitulatif par classe des réussites des élèves aux différents tests :
    • fiche palier 1 du savoir nager
    • fiche palier 2 du savoir nager
    • fiche palier 3 du savoir nager
    • fiche test préparatoire aux activités nautiques
  2. Ces fiches seront utilisées pour renseigner le livret individuel de l’élève avant son départ pour le collège.

 

III/ LIEN AVEC LES ACTIVITÉS NAUTIQUES ET LES SENTIERS SOUS-MARINS

A.TEST PRÉPARATOIRE AUX ACTIVITÉS NAUTIQUES (Circulaire n°2000-075 du 31 mai 2000) :

  1. La pratique des sports nautiques est subordonnée à la réussite d’un test permettant d’apprécier la capacité de l’élève, habillé et muni d’une brassière de sécurité, à se déplacer dans l’eau, sans présenter de signe de panique en exécutant :
    • une chute arrière volontaire à partir d’un tapis disposé sur l’eau,
    • un déplacement dans l’eau sur un parcours de 20 mètres dans la partie du bassin d’une profondeur au moins égale à 1m 80,
    • un passage sous une ligne d’eau, posée et non tendue.
  2. Dans les communes où des activités nautiques sont proposées aux écoles, il conviendra de programmer le passage de ce test dès le premier module d’apprentissage en piscine.
  3. À noter que lorsque les conditions le permettront (dont une température de l’eau supérieure à 18°), l’organisation de ce test « anti panique » dans les bases nautiques est souhaitable pour le rendre plus authentique et fiable.
  4. La réussite à ce test reste valide pour la suite de la scolarité à l’école primaire.

B. PRATIQUE DES SENTIERS SOUS-MARINS ET INTERDICTION DE LA PLONGÉE

  1. La pratique des sentiers sous-marins est réservée aux élèves ayant réussi au test du premier palier du savoir nager, très proche du test « agir dans l’eau » décrit dans les dispositions départementales du 11 Mars 2011.
  2. Les conditions de mise en œuvre des sentiers sous-marins restent celles décrites dans ces mêmes dispositions.
  3. Rappel : la plongée subaquatique avec l’équipement d’un scaphandre autonome n’est pas autorisée pour les écoles primaires du département.

 

IV/ LES CONDITIONS D’ENCADREMENT DES SÉANCES DE NATATION

  1. La natation scolaire étant une activité à encadrement renforcé, l’enseignant est aidé dans sa tâche par des professionnels qualifiés et agréés par l’inspecteur d’académie ou par des intervenants bénévoles également soumis à agrément. Quel que soit leur statut, une concertation préalable est incontournable entre les différents intervenants, pour que chacun précise le rôle et les tâches qu’il assumera dans le déroulement du module.
  2. L’encadrement des élèves est défini par classe sur la base suivante :
    1. à l’école élémentaire : l’enseignant et un adulte agréé, professionnel qualifié ou intervenant bénévole ;
    2. à l’école maternelle : l’enseignant et deux adultes agréés, professionnels qualifiés ou intervenants bénévoles.
  3. Au delà de 30 élèves, que ce soit pour une classe ou pour un groupe classe, un encadrant supplémentaire sera nécessaire. A noter que ce ne peut être un 2ème intervenant bénévole.
  4. Pour la constitution d’un groupe classe issu de classes différentes, il conviendra de limiter autant que possible les écarts d’âge et de compétence en natation des élèves concernés. Ce sera l’occasion d’une part de regrouper des élèves de même niveau de classe mais issus de cours doubles, d’autre part d’intégrer des élèves de CLIS.
  5. L’effectif maximal d’un groupe classe est fixé à 36 élèves.

 

V/ LE RECOURS À DES INTERVENANTS BÉNÉVOLES POUR L’ENSEIGNEMENT DE LA NATATION

  1. Cas général : nécessité d’une qualification.
    • Parce qu’ils peuvent prendre la responsabilité d’un groupe d’élèves et contribuer au projet pédagogique de l’enseignant, les intervenants bénévoles, qui doivent être agréés par l’Inspecteur d’Académie, devront posséder une qualification qui les autorise à enseigner, attestée par un diplôme, un statut ou une situation particulière :
      • éducateur ou conseiller territorial des APS
      • titulaire du BEESAN
      • stagiaire BEESAN détenteur d’un certificat de pré qualification
      • stagiaire STAPS intervenant sous la responsabilité d’un formateur
      • professeur d’EPS, en activité ou à la retraite
      • instituteur ou professeur des écoles à la retraite
    • Hormis dans les deux cas particuliers ci-après, seuls ces intervenants qualifiés pourront être pris en compte dans le taux réglementaire d’encadrement.
  2. Cas particulier 1 : enseignants ayant une compétence spécifique en natation.
    1. Les PE ayant une qualification en natation, ou qui se déclarent compétents pour enseigner la natation sans l’aide d’un professionnel qualifié, pourront solliciter des intervenants bénévoles non qualifiés pour compléter le taux réglementaire d’encadrement.
    2. L’agrément de ces intervenants bénévoles non qualifiés ne pourra être délivré qu’à la suite d’une formation théorique et pratique d’une journée minimum, encadrée par un CP EPS.
    3. Cette formation réunira obligatoirement les PE et les IBN.
  3. Cas particulier 2, pour l’encadrement en maternelle :
    1. L’intervention d’au moins un professionnel qualifié est obligatoire en maternelle.
    2. Pour compléter le taux réglementaire d’encadrement et faute d’intervenants qualifiés, les PE pourront solliciter des intervenants bénévoles.
    3. Comme pour le cas précédent, l’agrément de ces intervenants bénévoles fera suite à une formation d’une journée minimum, encadrée par un CP EPS, et en présence de l’enseignant qui les a sollicités.

 

VI/ L’AIDE D’ASSISTANTS BÉNÉVOLES POUR FACILITER LE DÉROULEMENT DES SÉANCES

  1. Les assistants bénévoles ne peuvent intervenir que lorsque le taux d’encadrement réglementaire est déjà satisfait. Ils interviennent donc en complément, pour offrir plus de « confort pédagogique » à l’apprentissage de la natation grâce à :
    • une aide à la mise en place matérielle des séances dans le bassin
    • une aide au déroulement des tâches dans les ateliers, y compris par un possible présence dans l’eau, dans le petit bain
    • un rappel des consignes données par l’enseignant
    • une alerte de l’enseignant en cas de dysfonctionnement.
  2. L’enseignant devra veiller à ce que ces personnes soient capables d’être à l’écoute des enfants, de se faire entendre, et d’exercer une bienveillante fermeté.
  3. Lorsqu’ils en ont reçu l’autorisation de leur maire, les ATSEM de maternelle peuvent participer à l’encadrement de la vie collective des séances de natation (transport, vestiaire, toilette et douche) et peuvent assumer les tâches énoncées ci-dessus des assistants bénévoles.
  4. Des auxiliaires de vie scolaire accompagnent à la piscine les élèves en situation de handicap en référence au projet d’accueil individualisé ou au projet personnalisé de scolarisation. Leur rôle se limite à l’accompagnement de l’élève handicapé et peut nnécessiter une activité dans l’eau.
  5. Les assistants bénévoles, les ATSEM ou les AVS ne rentrent pas dans le taux d’encadrement réglementaire et n’ont pas à être agréés par l’Inspecteur d’Académie. Ils doivent néanmoins être autorisés par le directeur ou la directrice de l’école qui s’assurera qu’ils ont été largement informés par l’enseignant des tâches qu’ils auront à assumer au cours des séances à la piscine.
  6. Le chef de bassin sera informé des personnes remplissant le rôle d’assistant bénévole en natation et pouvant de ce fait accéder aux bassins, ce qui n’est pas le cas des simples accompagnateurs.

J’attache une importance particulière à ce que la priorité nationale d’apprendre à nager à tous les élèves puisse être mise en œuvre dans notre département dès l’école primaire, grâce à l’engagement de tous.

L’Inspecteur d’académie,
Directeur des services départementaux de lÉducation nationale
Jean-Luc BÉNÉFICE

pdf Natation_IA.pdf 16/1/2011

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